• Quand les neurosciences s'invitent à l'école...

    Grâce à Bernadette Guéritte-Hess que je remercie, j'ai découvert 2 films sur l'école de demain qui traitent de l'avancée des neurosciences et c'est vraiment passionnant. Attention ces vidéos ne sont en replay que jusqu'au 11 novembre.

     

    vidéo 1 lien ICI

    vidéo 2 lien ICI

     

     

    Et voici une carte mentale des 4 piliers d'apprentissage

    Quand les neurosciences s'invitent à l'école...

    Ce que j’ai retenu de demain l’école émission sur ARTE 

     

    2 systèmes scolaires sont mis en parallèle, celui de Singapour et celui de Finlande.

     

    SINGAPOUR

     

    Bien qu’il soit extrêmement intéressant de comparer ce qui fonctionne dans d’autres pays, le système de Singapour basé sur l’effort, le travail et la discipline me dérange car les enfants dès tout-petit sont en compétition, ils ont pour 80% d’entre eux du soutien scolaire tous les jours ( ce qui rallonge les journées d’école) avec beaucoup de devoirs le soir.  La fillette de 10 ans,     interrogée expliquait qu’elle manquait de sommeil et se sentait submergée par le travail, elle aurait souhaité avoir un peu  de loisirs. Elle paraissait épuisée. Le taux de suicide des 10 – 17 ans  a d’ailleurs augmenté de 50% dans ce pays car la pression est trop forte pour des enfants de cet âge. De plus, s'ils sont conditionnés dès leur plus jeune âge , la créativité et l’esprit critique ne risquent -ils pas de leur manquer pour devenir de vrais leaders? 

     

    Ce que je retiens d’intéressant

     

    Parole du créateur de la méthode Singapour BAN HAR YEAP : «  L’apprentissage des mathématiques, ce n’est pas du calcul, une technique routinière, ce n’est pas une mémorisation par cœur, il s’agit de penser, de résoudre des problèmes, il s’agit de comprendre les choses. »

     

    La méthode de Singapour est célèbre pour ses résultats très  positifs sur les élèves qui, je le rappelle, sont passés 1er au dernier rapport PISA. En effet, elle propose un glissement progressif du concret vers l’abstrait pour permettre à l’enfant de mettre du sens sur ce qu’il apprend.  « Il est essentiel, de s’appuyer sur le sens inné des nombres pour construire, rattacher le nombre à du concret ». Stanislas Dehaene

     

    De plus, il est important avant d’aborder un concept, de laisser les enfants réfléchir à ce qu’ils doivent apprendre et à ce qui est difficile pour eux.  

     

    Pour finir les enseignants jouissent d’une formation de grande qualité.

     

    FINLANDE

     

    En Finlande, le système est très différent du précédent et adapté à un nombre restreint de personnes avec un niveau relativement homogène, selon le reportage. Le temps d’école est diminué pour permettre à l’enfant de s’épanouir en dehors de l’école car nous n’apprenons pas uniquement à l’école. Il s’agit d’un des pays avec le moins d’heures à l’école et le moins de devoirs à la maison. Il est pourtant 5 ème au dernier rapport PISA. Dans ce pays, une attention toute particulière est donnée à l’environnement de l’élève : qualité de l’air, classes lumineuses, temps de pause ;  mais aussi à la formation des enseignants (5 ans) et aux méthodes pédagogiques innovantes comme celles de Montessori et Freinet.

     

    « De nombreuses études scientifiques attestent qu’un apprentissage laisse plus de trace dans la mémoire quand il est associé à une activité manuelle, sensorielle ».

     

    L’accent  est mis sur l’autonomie et la coopération favorisées par un travail de groupes. « L’élève est un sujet actif et pas un objet d’enseignement. Enseignants et élèves sont passés du face à face au côte à côte (…). Le rôle de l’enseignant est de les aider à se débrouiller dans ce monde, à distinguer une information correcte d’une fausse pour qu’ils puissent produire de l’information par eux-mêmes »

     

    De plus contrairement au système français qui axe son enseignement sur l’égalité (= le même enseignement  pour tous) , les élèves finlandais sont traités de façon différente (l'équité) en fonction de leurs besoins avec une pédagogie qui s’appuie sur leurs points forts  . C’est ce qu’on appelle la personnification de masse. On prend en compte les spécificités de chacun et on ne cherche pas à les mettre dans un même moule.

     

     Un travail de fond sur les valeurs humaines est également proposé : respect, entraide, empathie avec des cours de « nous » où on se concentre sur le groupe et le fonctionnement et le bien –être de chacun. « L’enfant qui fait preuve d’empathie améliore son estime de soi, ce qui se répercute sur ses résultats scolaires. »

     

    Tout est fait pour développer leur capacité de résilience, leur créativité, leur estime de soi.

     

    Une étude récente faite aux USA dénonce la surexposition aux écrans qui réduit l’interaction humaine et l’empathie.

     

     

     

     D’autres exemples d’écoles sont proposés dans ce reportage mais elles me semblent moins intéressantes : ATsckool, KHAN Academy. Cette dernière serait à l’origine de la classe inversée.  Petit rappel : le principe de la classe inversée consiste à inverser ce qui se fait en classe et en dehors avec une capsule vidéo de leçon à travailler à la maison pour laisser plus de temps aux explications et aux exercices à l’école.

     

    Pour ma part, je n’utilise pas cette pédagogie car elle n’est pas adaptée aux besoins des  élèves que j’ai actuellement.

     

    vidéo 2: les sciences du cerveau

    L’émergence des nouvelles technologies permet une exploration du cerveau au moment où l’enfant est en train de résoudre une tâche . Du coup le fonctionnement de notre cerveau est moins mystérieux.

     

     Il se reprogramme en permanence même à l’âge adulte. Notre cerveau est conçu pour apprendre.

     

    Le langage est le fruit de l’évolution et notre cerveau est conçu, génétiquement programmé, pour cela. D’autres activités comme la lecture sont apparues plus récemment et sont donc plus difficiles à acquérir car le cerveau n’a pas d’aire pour ça.

     

    Pour qu’un enfant apprenne mieux, les sciences cognitives préconisent de renforcer les piliers cérébraux de l’apprentissage qui déterminent la vitesse et la rapidité d’apprentissage.

     

    PILIER 1 : L’ATTENTION

     

    On peut la mesurer aujourd’hui. L’attention sélective est la capacité à filtrer les informations distractives et à augmenter le volume des informations sur lesquelles nous voulons nous concentrer (indispensable dans une salle de classe).

     

    « Quand un enfant dit : je ne vois pas, dans les classes, il faut le prendre au sérieux. Cela nous arrive à tous, de ne pas savoir à quel niveau, il faut orienter son cerveau. »

     

    « C’est le talent le plus important d’un enseignant que d’arriver à orienter l’attention de l’enfant dans le bon niveau de traitement, celui qui est pertinent. » Stanislas Dehaene

     

    Cette capacité est peu développée chez les jeunes enfants car elle dépend du cortex préfrontal qui n’arrive à maturité qu’à l’âge adulte. C’est le siège des fonctions exécutives qui permet de réguler les autres fonctions cognitives.

     

    Il existe 3 grandes fonctions exécutives

     

    1)    Le contrôle inhibiteur pour résister aux sources de distractions nombreuses dans une classe.

     

    2)    La mémoire de travail pour garder en tête de façon temporaire des informations nécessaires à l’exécution d’une têche, d’un travail.

     

    3)    La planification pour organiser les étapes à suivre afin de réaliser une tâche. Fonction indispensable sans lesquels aucun progrès sérieux et stable n’est possible. (Pour aider les enfants dès leur plus jeune âge à développer la planification, il est nécessaire de leur donner un objectif très précis, selon Céline Alvarez; par exemple tu nettoies la table mais tu ne laisses aucune goutte d’eau. Ce qui va permettre à l’enfant d’agir de façon très ordonnée.

     

    PILIER 2 : L’engagement actif

     

    Un élève apprend mieux, s’il est engagé dans son apprentissage. Un cerveau passif n’apprend pas. De plus en plus de pédagogies sont actives avec un projet d’éducation par la recherche.  « Le questionnement est l’une des plus belles manières de mener à la connaissance. »

     

    Les machines ne pourront jamais remplacer l’homme sur le questionnement, la mise en lien et le relationnel, il est donc important de développer ça chez l’enfant.

     

    Un enfant actif dans ses apprentissages est davantage curieux. Cela entraine une sécrétion de dopamine dans le cerveau qui est l’hormone du plaisir et stimule l’hippocampe (= rôle central dans la mémorisation à long terme).

     

    Du coup un travail en groupe entraine une meilleure mémorisation et restitution des connaissances.

     

    PILIER 3 : l’ERREUR

     

    Normale et indispensable pour apprendre. Le cerveau reconfigure des réseaux neuronaux au moment où l’enfant se rend compte qu’il a commis une erreur ce qui lui permet d’affiner les réponses suivantes et de se corriger. « Le cerveau pour apprendre a besoin de signaux d’erreurs, messages qui s’échangent en permanence entre différentes zones du cerveau et qui permettent de corriger. Le plus important c’est de savoir où on s’est trompé, d’où venait cette erreur, comment puis-je la corriger ? Il est nécessaire de prévoir une correction rapide après l’apprentissage avec des tests ou des quiz parce que l’activité de restituer les savoirs permet de mieux les retenir.

     

    Il est prouvé scientifiquement que l’alternance mémorisation/ test donne de meilleurs résultats. En effet, lorsqu’on se teste, on reçoit un feedback et on se rend compte si on ne sait pas. Ce n’est pas parce que l’information est stockée dans sa mémoire de travail qu’elle le sera dans la mémoire à long terme. Il faut donc prévoir des moments d’apprentissages spécifiques 15 minutes) et très rapidement des périodes de tests où l’enfant valide ses connaissances et découvre ce qu’il sait ou au contraire ce qu’il ne sait pas encore et qu’il doit encore travailler pour avoir  des résultats optimaux.

     

    Parfois travailler sur les erreurs des élèves c’est travailler sur l’inhibition. Dans ce problème j’entends plus pourtant il faut faire moins… Il faut lutter contre des automatismes parfois et pour cela il est nécessaire de développer la capacité à les bloquer.

     

    De plus, pour respecter autrui grâce au cortex préfrontal, je dois inhiber mon égocentrisme, ma façon de voir les choses et activer le point de vue de l’autre et faire une synthèse entre mon point de vue et le sien. Quelqu’un qui a de bonnes fonctions exécutives s’inhibe pour faire quelque chose d’utile à son apprentissage , à son métier.

     

    PILIER 4 : Consolidation

     

    Ce pilier est indispensable pour passer à l’apprentissage suivant. Pour rendre un apprentissage automatique, la répétition est nécessaire. Plus une connexion synaptique est sollicitée, plus elle se renforce, plus l’information circule vite. A l’inverse, une connexion neuronale non stimulée tendra à disparaitre.

     

    Le sommeil joue un rôle fondamental dans cette consolidation. Le cerveau est encore actif, il se rejoue ce qui s’est passé durant la journée, nos performances sont améliorées après une simple sieste. L’idée est donc de fractionner les apprentissages avec des pauses et sur plusieurs jours car ils seront  plus solides sur le long terme grâce au sommeil.

     

    Pour la lecture, notre cerveau est obligé d’affecter une aire visuelle du cortex occipital temporal de l’hémisphère gauche  qui va donc se spécialiser dans la reconnaissance des mots écrits alors qu’elle est programmée initialement pour la reconnaissance d’objets, d’où les erreurs de lettres en miroir… Il lui faut du temps pour désapprendre. Les neurosciences démontrent clairement que le déchiffrage donc la méthode syllabique est indispensable à l’apprentissage de la lecture. Entrainer les enfants à la vitesse de lecture  aide à les aider à comprendre. La moyenne de lecture (fluence) se situe entre 80 et 110 mots minutes. La méthode globale active une aire de l’hémisphère droit , donc pas la même zone.  

     


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