• Développer le goût des mathématiques

    Les dernières recherches en neurosciences ont démontré qu’il est essentiel de mettre les élèves en recherche pour leur permettre de développer leur goût pour les mathématiques.

    Dès le plus jeune âge, ils ont l’intuition des nombres, des quantités (cf : livre la bosse des maths 20 ans après) cette découverte du monde qui les entoure, développe chez eux une très grande curiosité et de nombreuses interrogations. Ils veulent comprendre ! Si cet appétit n’est pas alimenté, il s’éteint et le plaisir d’apprendre avec.

    Je suis toujours frappée par la passivité de certains de mes élèves, en début d’année, notamment en maths, comme s’ils n’avaient plus le goût d’apprendre, que tout était perpétuellement une corvée. Mon challenge est donc de les réveiller.

    Récemment, j’ai eu la chance d’accueillir, de nouveau, dans ma classe, Bernadette Guéritte-Hess pour une séance « décimaux et mesure ». J’ai pu observer mes élèves et j’ai été frappé par l’évolution de chacun. Tous totalement « réveillés », motivés, prêts à chercher, à trouver de nouvelles règles en maths, confiants en leurs capacités, ce qui n’était pas forcément le cas en début d’année.

    Développer le goût des mathématiques

    Qu’est-ce que je suis fière du chemin qu’ils ont parcouru, certains revenaient de très loin ! Ils sont même allés, en terme de réflexion mathématique, beaucoup plus loin que leur niveau de classe. J’en ai été admirative ! Forcément quand les mathématiques riment avec plaisir, tout est plus facile !

     

    J’ai conscience qu’on ne peut pas faire l’unanimité mais je trouve dommage de se priver de quelque chose qui fonctionne si bien ! Mon partage n’a qu’un but : aider à faire évoluer l’enseignement des maths car en France, il en a grandement besoin.

    Je rappelle également que j'ai une formatrice hors pair, spécialiste dans le domaine mathématique  ( elle a même enseigné les maths à des sourds et à une tribu amérindienne dont elle ne parlait pas la langue). Actuellement, elle  modernise au regard des neurosciences ce qu'elle sait et qu'elle a engrangé en de nombreuses années d'études  et en plus de 50 ans d'expérience. Certes, en tout ce temps, les élèves ont changé mais elle a évolué avec eux … Elle est incroyable!  Avec un tel bagage, la réussite n'est pas due au hasard. N'en déplaise aux sceptiques. Et  l'évolution très positive de mes élèves en est la plus belle preuve!Certains pays très avancés  dans le domaine de l'enseignement des maths, s'intéressent d'ailleurs de très près à son travail. 

    Il est vrai qu’il est difficile de se représenter un fonctionnement par des articles ou des fiches. Les personnes qui ont pu observer, dans ma classe, les séances, ont vu les étoiles dans les yeux des élèves, leurs réflexions de plus en plus expertes, leur plaisir d’apprendre. Sur un blog, c’est plus compliqué à voir.

     

    En fait, le secret réside dans l’expérience. Les mathématiques, ça se vit avant tout. Il s’agit d’une expérience personnelle qui entraine une réflexion. L’enseignant guide, oriente par ses questions mais en aucun cas ne donne des solutions toutes faites. Ce sont les élèves qui construisent les règles mathématiques, par la recherche, en se trompant parfois,  et cela change tout ! ON N’EN RESTE PAS A LEURS INTUITIONS INITIALES, ON S’EN SERT COMME POINT DE DEPART D’UNE RECHERCHE MAIS LA MANIPULATION PERMET DE LES REMETTRE EN CAUSE. L’élève apprend à raisonner par lui-même, il comprend les maths en profondeur.

    Développer le goût des mathématiques

    Du coup, dans la classe je n’ai plus des : « De toute façon, je suis nul, je n’y comprends rien » mais plutôt « Je me suis trompé, je le sais. Mais je ne comprends pas mon erreur, pouvez-vous m’aider ? Mes élèves me demandent donc en toute confiance, sans peur d'être juger, de faire preuve d’empathie intellectuelle car ILS VEULENT COMPRENDRE et cela me réjouit de voir qu'ils ont compris  la base de tout apprentissage. Lorsqu’un petit apprend à marcher, il tombe d’abord.

    J’ai conscience qu’il est plus simple et moins onéreux en temps pour un enseignant de dire les règles aux élèves et de les faire appliquer mais un élève qui ne les a pas trouvées par lui-même, ne fixera pas de la même façon, les choses et ne fera pas forcément les liens nécessaires. Il tentera de calquer son raisonnement sur ce que l’adulte attend même si parfois cela n’a pas de sens pour lui.

    Chaque début d’année, j’ai la sensation de passer beaucoup de temps dans la manipulation, la préparation de situation de recherches. Mais ce temps-là est largement rattrapé à partir de janvier car la classe a mis en place des mécanismes de raisonnement qui permettent d’avancer beaucoup plus vite. Cela m’impressionne toujours.

    Développer le goût des mathématiques

    En voici les étapes :

    1) Matériel devant élèves et manipulations 

    2) Verbalisation de ce qu’ils ont fait par eux. (l’enseignant a anticipé tous les cas de figures, en envisageant des questions en cas de blocage, parfois il est nécessaire de revenir à la manipulation).

    3) On fait le geste pour passer dans l’abstraction

    Développer le goût des mathématiques

    4) On écrit ce qui s’est passé

    5) On construit une trace écrite qui reprend ce qui a été découvert et on la mémorise en vue de la garder dans sa tête sur le long terme. (Cette mémorisation se fait d’autant plus naturellement que l’élève s’est impliqué personnellement par l’expérience qu’il en a faite) . JE SUIS ENCORE  EN PLEINE REFLEXION SUR CE SUJET.

    6) On s’entraine individuellement sur toutes les situations possibles. Le contexte est changé et la compréhension profonde de ce qui a été vu, est vérifiée. (Tutorat et retour à la manipulation, verbalisation, au gestuel est parfois nécessaire car le temps de comprendre est différent selon les élèves). Différenciation en fonction d’où se situe l’élève.

    7) Test(s) Les neurosciences préconisent des petits tests réguliers pour que l’élève puisse confronter ce qu’il croit avoir compris avec ce qui est attendu. (remédiation si nécessaire)

    8) Rituels. Pour fixer un concept sur le long terme, il vaut mieux le voir en plusieurs fois (le sommeil joue un rôle dans la mémorisation à long terme) et la répétition par un rituel permet de savoir où je l’ai rangé dans mon cerveau. Cela permet de laisser un temps d’assimilation plus long aux élèves plus lents. Je varie les rituels en fonction des besoins des élèves. Pendant deux périodes nous avions de 1 à 3 problèmes par jour à résoudre avec des opérations. Nous faisons actuellement un rituel de 10 conversions par jour en utilisant internet.

    9) EVALUATION BILAN

     

    Maintenant parlons du mot « enlever » que j’ai mis dans la carte mentale sur les opérations et qui pose problème à certains d’entre vous.

    Développer le goût des mathématiques

    Je travaille sur les bases et dans le cas général lorsque je soustrais, quel est le geste mathématique ? Je prends dans le tout, une partie. Donc j'enlève, c’est la base. De plus qu’est-ce qui est important de comprendre dans le concept de la soustraction ? Quelle manipulation peut aider à le comprendre ? sont à mon sens, les vraies questions qu’il faut se poser. Comprendre la soustraction, c’est comprendre l’inclusion. Nous avons un tout que nous connaissons et des parties non égales qui sont dans le TOUT (contrairement à l’addition) et nous cherchons une de ces parties.

    Combien de fois, année après année, ai-je demandé à mes élèves en début d’année de me faire avec des jetons 5-3 et de les voir me mettre d’un côté 5 et de l’autre côté 3, preuve qu’ils n’avaient pas intégrer ce concept pourtant essentiel à la reconnaissance d’un problème de soustraction. (séance ICI)

     Alors certes, ensuite, il faut, par une série de problèmes multiples et variés, travailler sur des contextes différents pour éviter la simplification à outrance de ce concept, et travailler la flexibilité du raisonnement mathématique (la réversibilité notamment. C'est marqué plus, pourquoi tu fais moins?) mais parler d'enlever en ce qui concerne la soustraction  reste la base quand même.

     

    Dernièrement, nous avons travaillé avec la classe, les concepts d'encadrer et arrondir des nombres décimaux. Cette année, j'ai décidé de ne pas l'aborder avec la droite graduée qui complique, pour certains les choses. Nous sommes partis du jeu du juste prix avec le matériel de la classe . Nous l'avons un peu théâtralisé… Et franchement, ils sont repartis en ayant compris beaucoup de chose. C'est bien-sûr, à retravailler mais ils se sont investis, ils ont pris du plaisir à réfléchir et ont bien souvent trouvé les réponses sans que je doive intervenir avec des questions. Ils ont même fait de nombreux liens. C'est valorisant pour eux, comme pour moi!

    Si j'ai le temps et que ça vous intéresse, je pourrai vous faire un article dessus avec les photos à l'appui.

    Je vous souhaite de magnifiques moments avec vos élèves. N'hésitez pas à me faire part de vos retours!


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :