• Dans la tête de nos chères têtes brunes ou blondes...

    Lorsque nous disons en toute bonne foi "non" à un élève qui s'est trompé, il semblerait que nous bloquions durant quelques minutes toute réflexion de sa part. Je m'explique, lors d'une étude clinique sur l'activité cérébrale, les zones d'activité cérébrale "rouges ou bleues" deviennent noires  quelques minutes lorsque nous disons "Non! Tu t'es trompé".

    Comment faire autrement me diriez-vous?

    Notre formatrice nous a montré par son attitude, lors de la journée de formation, quelques pistes.  Il faut savoir que nous n'avons eu que très peu de théorie, surtout des mises en situations, concrètes, réutilisables en classe.  En cas d'erreur de notre part, pas de "non" mais des questions, des aides concrètes pour nous accompagner et nous permettre de découvrir par nous-même pourquoi nous nous étions trompés. 

    "Méfions-nous de nos évidences et laissons les enfants arriver aux leurs, par leur propre chemin. Questionnons-les sans donner la réponse de façon à provoquer un changement de fonctionnement" extrait de l'ouvrage Les Maths à toutes les sauces.

    Belle théorie, me diriez-vous! Le challenge maintenant pour moi, c'est de changer ma façon de faire, de gommer les "non , tu t'es trompé" de mon vocabulaire. (je ne tiens pas à rendre le cerveau de mes élèves tout noir, vide de réflexion).

     

    Si vous avez des idées concrètes, je suis preneuse... Je vous partagerai les miennes.


  • Commentaires

    1
    Mardi 22 Octobre 2013 à 22:59

    C'est la gestion de l'erreur ou comment s'en servir.. Souvent, je dis à mes élèves que j'aime quand ils se trompent parce que cela me permet de "mieux voir" dans leur tête...Bon cela a ses limites car un filou m'a répondu la dernière fois : "bon, alors maitresse, on va faire exprès de se tromper !" 

    2
    Mardi 22 Octobre 2013 à 23:45

    Tu as parfaitement raison! Je leur dis tous les jours que c'est en se trompant et en comprenant pourquoi que l'on apprend.  Il y a toujours des coquins!

    Mais par manque de temps, je leur apporte les réponses trop facilement au lieu de les accompagner pour qu'ils trouvent par eux-mêmes...

    3
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 10:25

    Je m'invite dans cette réflexion autour de l'erreur.  Je donne l'exemple des petits frères petites soeurs qui commencent à marcher.  Et je demande à mes élèves si les petits se lèvent d'un seul coup et marchent sans tomber.  Désormais ils me disent qu'ils commencent par se tromper pour mieux recommencer. ..

    Par contre jecontinue à me demander si tous les enfants peuvent construire leurs connaissances. Je m'explique: certains ont les compétences requises pour chercher et trouver.  Mais d'autres ont besoin d'appuis et d'exemples et comprendront par analogie. La question est: comment mêler implicite et explicite dans une même séance? 

    4
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 12:16

    Merci de ta réflexion, je suis en plein dedans. Pour moi il y a l'implicite et l'explicite mais aussi le concret et l'abstrait. Il me semble que c'est progressif : le concret (manipulations) , l'abstrait explicite, l'abstrait implicite . (Après je me trompe peut être). Il semblerait que le passage à l'abstrait, à la construction d'une pensée sans besoin de manipuler soit impossible sans de la manipulation à un moment donné. Je m'explique, tout petit, l'enfant est déjà un physicien, il découvre tout, expérimente tout et fait ses propres déductions, justes ou fausses. Il fait évoluer sa pensée... Mes collègues de maternelle ont d'ailleurs un rôle extrêmement important dans ce domaine (tout se joue en Maternelle). Donc si un enfant n'a jamais réellement manipulé (cela dépend du contexte familial aussi... il ne peut pas passer à l'abstrait), il me semble. Quelques petites citations:

    "L'enfant devient mathématicien quand il est capable en présence du matériel, d'effectuer des opérations, c'est à dire des actions qui peuvent se coordonner entre elles. Mais par la suite, il raisonnera sans objets. En effet pour parvenir à une pensée adulte, l'enfant doit pouvoir imaginer une action et son inverse en l'absence de matériel. En revanche, il ne pourra jamais l'imaginer s'il n'a pas fait d'actions semblables de près ou de loin dans sa vie."Les Maths à toutes les sauces

    5
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 13:29

    Entièrement d'accord pour la manipulation c'est la base de la base. Je parlais plus de l'implicite et de l'explicite des objectifs annoncés. C'est justement parce que les enfants ne manipulent plus et passent directement au fichier et donc à l'abstraction qu'ils ne construisent plus les savoirs... Bon je sens que je vais passer beaucoup de temps sur ton blog pour lire tes réflexions, c'est quand même vraiment sympa de pouvoir échanger et... grandir! 

    6
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 13:32

    Me too ! 

    7
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 14:08

    Je suis moi aussi très contente de ces échanges car à plusieurs, avec des expériences différentes ou semblables, on peut s'enrichir considérablement! Merci à vous!

    8
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 14:29

    POUR IMPLICTE EXPLICITE je crois que cela dépend de beaucoup de facteurs: concept abordé, conceptions et avancée des l'élèves, acquis... Je n'ai malheureusement pas la réponse mais je cherche aussi

    9
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 17:43

    Alors j'ai une théorie (quand je dis ça mon mari passe en mode survie:-): et s'il y avait autant d'approches et de pédagogies que d'élèves et de compétences à acquérir?  et qu'en plus certains types d'enseignement nous correspondent plus que d'autres?  Bon je ne fais rien avancer dans toute cette histoire mais comme l'avait écrit Lala dans un article formidable nous avons tous une pédagogieS! 

    Merc à toi en tout cas d'aborder des sujets vraiment intéressants qui nous permettent de faire évoluer nos pratiques! 

    10
    Jeudi 24 Octobre 2013 à 10:41

    Je m'interroge souvent pourquoi les enfants d'enseignants réussissent (souvent) mieux leur scolarité. Je crois qu'ils ont la vision exacte de ce que nous attendons d'eux. Le discours est le même à l'école et à la maison. Mes élèves en difficulté n'ont qu'une vision très floue de ce que j'attends d'eux, ne se mettent pas en projet sur du long terme et reste sur une vision ponctuelle du savoir.  Et c'est très difficile de changer ça.

    Je pense effectivement qu'il faut multiplier les entrées (visuelle, auditive, kinesthésique) pour pouvoir les rejoindre tous  . Et ce n'est pas facile car nous sommes plus à l'aise, comme tu le dis si bien, avec une approche (en fonction de notre approche personnelle...Je suis visuelle j'ai donc tendance à utiliser un enseignement visuel). Si nous devons nous adapter au profil de nos élèves... la pédagogie est une toute autre histoire, je crois. Si nous ne sommes pas vraiment à l'aise avec notre façon de faire..cela ne passera pas auprès des élèves. Elle est donc strictement personnelle et on ne doit pas se forcer à en utiliser une autre. Je te rejoins quand tu dis, il y a autant de pédagogie que d'enseignants et je trouve que c'est une grande richesse pour les enfants dans la mesure où nous leur permettons de nous rejoindre.

    11
    Lundi 13 Janvier 2014 à 20:25

    Cet article me fait réagir car quelques élèves m'ont fait une remarque ce matin : "Oui, mais maîtresse faut que tu nous dises comment faire si c'est pas bon ! Toi tu dis  "D'accord. Mais alors... " et tu demandes un autre truc quand on répond pas juste". Bon, c'est pas toujours le cas mais ça doit revenir assez souvent vu qu'ils l'ont remarqué !  Voilà une astuce pour éviter de dire non .

    En as-tu trouvé pour toi depuis cet article ?

    12
    Lundi 13 Janvier 2014 à 20:50

    C'est une bonne idée! J'essaie un maximum de rebondir sur une question ou de demander une justification...comment as-tu fait? Du coup souvent ils comprennent par eux-mêmes ou les autres élèves réagissent  pour d'autres arguments. C'est très intéressant!

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